Ce dimanche, Stephen Harper déclarait que le gouvernement fédéral avait la responsabilité de promouvoir les deux cultures nationales. Il répondait par le fait même à deux demandes venues du Québec. L’une de Jean Charest affirmant deux jours plus tôt qu’Ottawa devait laisser au Québec les pleins pouvoirs en matière de culture. L’autre de Mario Dumont qui, la semaine dernière, demandait aux chefs des partis fédéraux d’ouvrir la Constitution afin d’y enchâsser la reconnaissance du Québec comme nation et d’ainsi y encadrer le pouvoir fédéral de dépenser.

Actions speak louder than words

Deux ans après que cette reconnaissance eut été formulée, il serait en effet temps qu’elle s’accompagne de gestes concrets de la part des conservateurs, à défaut de quoi ces derniers pourraient en faire les frais durant la campagne. À ce sujet, Jean Charest affirme d’ailleurs qu’il espère que les débats des chefs, qui auront lieu le 1er et le 2 octobre prochain, seront l’occasion de pousser plus loin cette revendication du Québec.

Il serait logique pour le Bloc Québécois de marquer des points sur ces enjeux qui lui sont naturels. Pourtant, à l’heure où la bataille s’annonce des plus serrées au Québec, il n’en faudrait pas beaucoup au Parti conservateur – ou même au NPD qui s’affiche comme étant un parti beaucoup moins centralisateur qu’il ne l’était dans le passé – pour espérer tirer le tapis sous les pieds des bloquistes.

Nul doute que les coupures conservatrices de 45 millions $ dans les programmes culturels seront également à l’ordre des débats. Coupures qui, rappelons-le, ont été dénoncées par une pléiade d’acteurs, de réalisateurs, de producteurs et de gens d’affaires lors du Gala des prix Gémeaux dimanche soir.

Chose certaine, il n’y a rien de plus pressant culturellement parlant que de mettre fin à ce mur à mur culturel qui est plus souvent qu’autrement une source d’irritants pour le Québec. Quand on sait par exemple que des séries canadiennes anglaises comme Regenesis ou Degrassi sont traduites en France, et ce, avec l’argent même du Fond Canadien de la Télévision ou de Téléfilm Canada – deux organismes financés en partie par le Québec –, il y a en effet de quoi se poser de sérieuses questions… surtout quand ces séries sont diffusées au Québec par la suite.

Afin de promouvoir les « deux cultures nationales » telles que le formule Stephen Harper, il convient de permettre à chacune de s’épanouir à sa propre façon et d’ainsi sortir de ce carcan indésirable. Pour ce faire, rien de plus simple que de suivre les voies proposées par Jean Charest et Mario Dumont.

Le ballon est là. Reste à savoir qui, de Gilles Duceppe, Stephen Harper ou Jack Layton, saura le prendre afin de marquer des points durant le débat des chefs…