8 décembre 2008
23 Nov
Les batailles de clocher entre circonscriptions québécoises sont légendaires. Il s’agit d’une réaction très humaine à un système de localisation des projets, que ceux-ci soient profitables ou nuisibles. La plupart des gens veulent qu’on installe à côté de chez eux une université, une entreprise qui génère des emplois ou une attraction touristique. Mais personne ne veut d’une décharge municipale, d’une centrale nucléaire, d’un incinérateur ou d’un hôpital psychiatrique. Non, certains projets ont moins la cote. Mais au Québec, depuis fort longtemps d’ailleurs, tous partis confondus, on fait de la politique électoraliste à grand coup de projets, ou plus précisément à projets à grand coût: aéroports, musées, autoroutes, hôpitaux, usines, choisissez…
Dans ce contexte, on peut se demander pourquoi le financement du transport collectif est encore envisagé à travers des péages. Il existe des transpondeurs électroniques soit. Mais on parle tout de même de plusieurs millions d’investissements pour mettre en place un système de perception. Or, il existe déjà des instruments pour moduler cette perception (taxe sur l’essence et permis d’immatriculation par exemple) capables de cibler les payeurs désirés. Alors pourquoi viser une clientèle géographique? Parce qu’elle mérite de payer davantage ou simplement parce qu’on aime la chicane? A qui profitent ces batailles de clocher?
Si gouverner c’est juger des projets les plus bénéfiques pour l’ensemble de notre société, nous avons diablement besoin d’un système ou les décideurs ne soient plus juges et parties… La composante géographique de notre système électoral mine notre gestion collective. Tant que nous n’aurons pas une fraction de nos représentants élue sur une autre base pour jouer le rôle de jury, le jugement risque d’être rendu au profit des plus payants, électoralement parlant. Et nos projets de développements continueront d’être mal localisés. Ce ne sont pas les politiciens qu’il faut blâmer, mais un système qui génère de tels comportements qu’il faut changer. Malheureusement, quand on voit le peu d’écho que suscite la réforme du mode de scrutin dans la campagne électorale québécoise, peut-être n’y arriverons-nous qu’en changeant de politiciens… En résumé, la discrimination géographique dont feront l’objet ces futurs payeurs a plus de chance de devenir un enjeu électoral: mes économies d’abord… l’équité après!
Parti Libéral
Parti Québécois
Action Démocratique
Parti Vert
Québec Solidaire
Parti marxiste-léniniste
Parti Indépendantiste