8 décembre 2008
18 Nov
Drôle d’histoire aujourd’hui rapportée ici et là concernant le spectaculaire changement de ton du Parti libéral au sujet des traitements de procréation assistée, dont le plus célèbre épisode avait mis en scène une Julie Snyder en colère et un Philippe Couillard à bout de patience.
Le premier ministre vient officiellement de perdre le droit de traiter Mario Dumont de girouette. Mais là n’est pas le propos de ce billet…
Mario Dumont n’a pas pu s’empêcher de péter une coche sur le changement d’idée du PLQ, accusant Jean Charest, je le cite (via Cyberpresse), « d’essayer de devenir le héros d’une situation où il a été l’empêcheur, le héros d’un progrès dont il a été le fossoyeur ».
La charge est violente, bien sentie. On sent que Jean Charest a touché la cible.
Mario Dumont a raison sur le fond de la question. Le chef libéral agit ici en petit homme. Son changement d’opinion sur la question, à l’extérieur d’une campagne électorale, aurait pu être vu comme l’aboutissement d’une réflexion. À trois semaines des élections, c’est limite. Comme une mise en échec à la tête au hockey… c’est légal mais veut-on vraiment ça?
Mais la réaction du chef adéquiste frise l’hystérie. Aux dernières nouvelles, l’ADQ n’a pas déposé cette idée, empêchant ici quiconque de l’utiliser. Et puis, à quoi servent les partis d’opposition si ce n’est pas d’agir comme une immense pisciculture d’idées. D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, Mario Dumont se réjouissait de voir le PLQ se coller à quelques-unes des propositions de l’Action démocratique et les mettre en place…
C’est bien beau de revendiquer sa différence (comme l’écrivent Guillaume Bourgault-Côté et Antoine Robitaille dans Le Devoir), mais il y aussi la manière.
Il y avait un mur de briques et Mario Dumont est allé s’écraser dedans…
S’il avait fallu en plus que Jean Charest accuse Pauline Marois de copier son programme, ce qui aurait au moins l’honnêteté d’être assez juste.
Photo : stock.xchng17 Nov
Les gens du comté de La Prairie ne sont pas trop difficiles. Vous n’avez qu’à promettre un train!
Les transports en Montérégie reviennent périodiquement dans l’actualité. Il suffit qu’on trouve des failles se détaillant au mètre dans la structure du pont Champlain ou de l’achalandage démesurée sur le pont Mercier pour faire rêver les gens de transport en commun.
François Rebello milite depuis des années pour la venue d’un train de banlieue qui desservirait le Roussillon. Il est régulier comme une horloge. C’était vrai en 2007 et ce l’est encore aujourd’hui.
Pauline Marois, de passage dans la région pour appuyer son candidat, a elle aussi énoncé clairement vouloir développer un moyen favorisant le transport dans l’axe est-ouest de la Rive-Sud, ce qui touche le Roussillon. Ce qui veut dire ceinturer par voie ferroviaire entre le pont Mercier et le pont Victoria. Il reste à évaluer le réalisme d’un tel projet mais il peut intéresser plusieurs personnes.
Le programme du PQ, à défaut d’expliciter cet engagement, laisse tout de même entrevoir une augmentation substancielle de l’offre des transports collectifs dans la région métropolitaine (« Viser à doubler (…) » selon ce qu’on peut lire sur le site du Parti québécois). La Rive-Sud fait figure de parent pauvre à ce chapitre, si on la compare aux multiples lignes de train de banlieue et le prolongement de la ligne orange du Métro de Montréal.
L’ADQ ne propose rien pour le transport en commun dans sa plate-forme électorale. Les seules mesures qui touchent un peu la question relève plutôt des questions de main d’oeuvre, où les adéquistes veulent introduire l’arbitrage des offres finales « pour régler les différends dans les municipalités, les régies intermunicipales et les services de transport en commun ».
Ça n’aide pas les gens à traverser le fleuve ça.
Quant au Parti libéral, l’objectif d’augmenter de 35% la fréquence des départs de trains de banlieue n’est pas négligeable, mais il ne règle aucunement la question de l’accès aux gens de la partie sud-ouest de la Montérégie. Aucun nouvel itinéraire n’est envisagé par le PLQ pour les gens au sud du fleuve.
Les stationnements incitatifs seront aussi agrandies si les promesses libérales sont tenues, mais ça n’aidera malheureusement pas les gens de La Prairie qui devront continuer de faire un détour par Candiac pour aller prendre le train.
Par contre, pour freiner le flux migratoire de l’île vers des banlieues de plus en plus distantes, ça se défend.
Photo : stock.xchng
Parti Libéral
Parti Québécois
Action Démocratique
Parti Vert
Québec Solidaire
Parti marxiste-léniniste
Parti Indépendantiste