8 décembre 2008
19 Nov
Il est une chose dans notre système électoral que l’on appelle les “châteaux forts”. Ces circonscriptions sont ainsi appelées parce qu’elles votent pour un même parti depuis tellement longtemps que bien souvent une ou deux générations n’y ont connu qu’un seul et même parti!
Le Parti Libéral du Québec est définitivement celui qui compte le plus grand nombre de châteaux forts au Québec. Dans le grand Montréal on cible les circonscriptions de Chomedey à Laval; Nelligan, Jacques-Cartier, Robert-Baldwin, St-Laurent, Acadie, Mont-Royal, Outremont, Westmount-Saint-Louis, Notre-Dame-de-Grâce, D’Arcy-McGee, Marquette, Marguerite-Bourgeois, Verdun, Viau, Jeanne-Mance-Viger et Bourassa-Sauvé sur l’Ile de Montréal; Laporte, La Pinière et Vaudreuil sur la rive-sud. Pontiac, Hull, Gatineau, Chapleau, Papineau et Argenteuil en Outaouais/Laurentides et Jean-Talon à Québec. Mégantic-Compton, Orford, Brome-Mississquoi, Richmond et Huntingdon dans les Cantons-de-l’Est/Montérégie ferment la marche…
Si on fait le compte ce sont plus de 32 circonscriptions qui n’ont JAMAIS voté autre que libéral depuis plus de 30 ans soit depuis l’élection de 1981… Je n’avais pas vraiment d’objectif en écrivant ce texte, je voulais seulement soulever ce débat: Trouvez-vous sain, voir normal, que les gens n’aient JAMAIS changé une seule fois d’idée depuis plus de 30 ans?
P.S. Oui je suis au courant de l’épisode “Parti Égalité…”
Parti Libéral
Parti Québécois
Action Démocratique
Parti Vert
Québec Solidaire
Parti marxiste-léniniste
Parti Indépendantiste
6 Responses for "Ces comtés rouges!"
Il va sans dire que ces comptés entrent dans 3 catégories bien distinctes:
1)Comptés à majorité anglophones ou allôphones qui votent habituellement rouge tant au fédéral qu’au provincial. À part le Parti Égalité et peut-être une aile Québécoise du Parti Conservateur ou un NPD, rien d’autre y passe.
2)L’Outaouais, qui est problablement avec la Beauce la région francophone considérée la plus fédéraliste du Québec. Mais au fédéral, le vote est très divisé entre les divers partis dans une région autrefois acquise au PLC (Dans Gatineau, le Bloquiste Nadeau a gagné avec la division extrême du vote entre 4 partis fédéralistes avec seulement 29%!!!!). Donc, cela n’est pas le cas au provincial où la majorité des francophones et des anglophones votent pour le PLQ et il faut dire que l’ADQ n’a jamais fait de gains dans cette région.
3)Les circonscriptions qui ont un député qui passent avant le parti. Cela est le cas dans plusieurs circonscriptions du PQ (comme Charlevoix, Îles-de-la-Madeleine, René-Levesque) et l’ADQ (avec Mario Dumont dans Rivière-du-Loup). Pour le PLQ, je pense surtout à Pierre Paradis dans Brome-Missisquoi et à Yvon Vallières dans Richmond (qui a été élu pour la première fois en 1973).
P.S: Une petite erreur, dans votre texte, c’est que bien qu’Huntington a été Libérale pendant longtemps (avec André Chenail), l’ADQ a remporté la dernière élection avec Albert De Martin.
Sain et normal? Absolument pas. Nous assistons seulement à un parfait exemple de partisanerie traditionelle qui prouve à quel point peu de citoyens prennent vraiment le temps de regarder les idées politiques des différents partis, étant donné qu’ils sont désinteressés, parfois même ignorants du monde politique. Dans une élection où M.Charest a su désinteresser (par la date du scrutin) une grande partie de l’électorat, son parti ne peut que remporter les comptés qu’il a laissé vacants… Étant électeur dans le compté de Vaudreuil, je ne puis que constater la constante politique Libérale: Moi qui a 18 ans, je peux me permettre de dire: Vaudreuil sera encore Libéral à ma mort! Bon article!
Bien que je sois d’accord avec vous sur tous les points, on ne peut quand même pas blâmer les libéraux.. ce n’est pas de leur faute s’ils sont le seul parti non-marginal a être ouvertement fédéraliste. Pour une personne qui ne désire pas la souveraineté(donc pas de PQ ni de QS) et qui trouve irréaliste la position autonomiste de l’ADQ, il ne reste vraiment que les libéraux, et les verts qui n’ont pas de ligne de parti par rapport au rôle constitutionnel du Québec. Lorsqu’il y a eu d’autres partis fédéralistes, tels que l’action libérale nationale, le parti égalité et le ralliement créditiste, les libéraux ont perdus des votes (même si ce parti était plus près de l’Union Nationale que des libéraux). Le 33.08% des voix que les libéraux ont obtenus en 2007 est le plus faible pourcentage de leur histoire. Même lors de leur déconfiture en 1976 avec 26 sièges, ils avaient quand même obtenus 33.78% des votes.
L’île de Montréal est composée de châteaux forts libéraux et péquistes. Seule la circonscription de Crémazie est en jeux, le reste est coulé dans le béton. Le résultat est que Montréal est complètement ignorée pendant cette campagne électorale. Les seules annonces faites à Montréal sont soit des projets déjà annoncés, soient des annonces qui concernent les banlieues. Ça fait longtemps que les politiciens à Québec ne se préoccupent plus de Montréal, ils n’en ont que pour les régions. On aurait besoin d’un Bloc Montréalais :
http://www.fruitmur.ca/2008/11/06/bloc-montrealais/
Steve… n’en demeure pas moins que c’est Montréal qui a généralement le gros du bâton quand au poids dans le gouvernement. Monique Jérôme-Forget, Lyne Beauchamp, Christine Saint-Pierre, Jacques Dupuis, Raymond Bachand… ce ne sont pas de petits joueurs!
La seule chance pour monsieur Charest d’être maintenu au pouvoir c’était de lancer des élections précipitées et non désirées, alors que la santé financière et économique des nations est sur le point de se détérioner grandement. Il a souhaité “l’économie d’abord”, mais rien de bien original ni même de vision sur ce plan.
Pourquoi ne pas se donner un député comme monsieur Renaud Lapierre (Parti québécois) qui a fait ses preuves comme industriel et qui a vécu au coeur de l’administration publique québécoise pendant des années (comme attaché politique, sous-ministre de l’énergie et des ressources).
Surtout évitons de tomber dans le piège libéral qui ne veut pas d’opposition à l’Assemblée nationale (comme si ce n’était pas la meilleure garantie de démocratie).
Laissons-le minoritaire au mieux.
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