L’enjeu principal des campagnes électorales québécoises, le taux de participation

En lien encore une fois avec le billet sur les comtés rouges.  Depuis les élections de 1981, les libéraux ont à peu près le même nombre de votes en termes absolus.  Seule l’année 2007 était différente avec le résultat qu’on connaît, un gouvernement minoritaire.  Les années où le taux de participation était plus élevé, cela favorisait le parti Québécois ou je dirais la gauche en général.  Le PQ commence à rentrer avec un taux de participation avoisinant les 80%.

Pourquoi, au Québec comme ailleurs, on retrouve environ 1,3 à 1,9 million d’électeurs qui votent systématiquement à droite aux élections.  Ils sont aussi souvent plus informés sur les enjeux et vont voter en plus grandes proportions.  Une partie de ceux-là sont peut-être simplement fédéralistes.  Une partie sont anglophones ou allophones évidemment.  Il y a aussi le facteur de l’âge, une forte proportion des 55ans et plus votent libéral.  C’est la marginalisation politique de la jeunesse.  Mais ils ont souvent en commun d’être plus informés sur la politique, d’être à l’aise financièrement et d’être plus éduqués.  Dans les médias, on fait tout un plat des échanges entre les chefs, des tractations dans les sondages, des erreurs des chefs, etc.  Mais dans les faits, il existe un facteur déterminant dans toutes les élections au Québec.  Le taux de participation.  C’est bien connu,  les moins nantis, les moins éduqués ou les gens qui trouvent que le PQ, l’ADQ et les libéraux sont pas mal semblables, ne vont pas voter.  Ces gens représentent entre 15 et peut-être cette année proche de 35 % des électeurs.  Ces gens ne sont pas des libéraux.  Mais dans une large proportion des électeurs qui seraient mieux servis par des politiques sociales au services de la collectivité.  Il ne sont pas les possédants de notre beau Québec comme ces chers électeurs libéraux.

Les riches comprennent que c’est dans leur intérêt de voter libéral

Arrêtons d’être naïfs, une partie récurrente des électeurs libéraux votent pour eux tout simplement parce qu’ils comprennent que c’est tout à fait logique de voter pour le parti qui défend leurs intérêts.  La richesse est très mal redistribuée et les gens au sommet de la pyramide sociale veulent que ça demeure ainsi.  Ils défendent leurs investissements, leurs  avoirs, leurs entreprises, leur qualité de vie aux détriment de celles des autres.   Tout n’est noir et blanc non plus, y a aussi des gens à l’aise financièrement qui appuies les valeurs sociales et humaines parce qu’ils comprennent qu’un minimum de paix sociale est nécessaire.

Y en a qui ont toute pis toutes les autres y ont rien ! (Desjardins)

Les autres citoyens, les locataires, la classe moyenne qui vit à crédit, les moins nantis, le reste du monde finalement, on est tous dans le même bateau.  Dans ce contexte, voter pour la droite quand on ne possède rien, c’est se tirer une balle dans le pied.  Mais sinon, voter pour qui ?  Ni l’ADQ, ni le PQ ne proposent de projet mobilisateur pour l’ensemble des gens ordinaires. En fait l’ADQ va dans le sens inverse.  Et le PQ considère à tort qu’il a plus à gagner en se dirigeant vers la droite qu’en essayant véritablement de proposer une vraie alternative au PLQ qui pourrait inciter les électeurs à aller voter.  Résultat, leur programme ressemble étrangement à celui du PLQ et le taux de participation sera très bas.

Québec solidaire

Qs grignote un peu le PQ à sa gauche, les sondages le confirment.  Mais cela reste très marginal pour l’instant.  Sans un mode de scrutin proportionnel, les électeurs vont toujours être tentés de voter stratégique pour empêcher les libéraux de reprendre le pouvoir, voter PQ même si on est pas souverainiste, voter PQ même si on les trouve trop à droite, voter PQ même si on les trouve trop à gauche.  Mais cette fois comme la dernière fois, le PQ ne réussit pas à mobiliser les gens avec un programme encore une fois trop semblable à celui des libéraux.  Les trois quarts des Québécois pensent que les libéraux vont gagner les élections.  N’est-ce pas le temps d’arrêter de voter stratégique et de voter avec son cœur ?  Il est grand temps de sortir du bipartisme ou du tripartisme pour entrer dans une ère nouvelle, l’ère des idées.  Avec un système proportionnel, les idées feraient du chemin lorsque appuyées par une assez forte proportion d’électeurs.

En attendant, retournons à notre campagne morne et ennuyante de débats de personnalités et d’attaques personnelles vides entre les chefs.  Pendant tout ce spectacle médiatique désolant, les possédants du Québec se frottent les mains.  Tout va continuer à rouler pour eux comme d’habitude, ils nous ont bien eu une fois de plus.

Les chiffres électoraux depuis 1981 (source DGEQ)

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