14 October 2008
15 Oct
(note : this is a rewriting of a comment I just wrote on one of Greg’s article, which I found worthy to publish as an article by ots own ; it’s my first non-french post, so please excuse my bad english)
As a quabecer, one thing is now very clear after yesterday’s election. It’s that nowadays, the “Distinct Society” doesn’t stand anymore in the hope of having Meech signed, neither in the hope of making the independance, but by the presence of the Bloc in Ottawa.
Let’s face it, there was no big issues like the independance or the liberal scandal this time. If there was one year where the Bloc should have fallen under 38 seats (its worst performance ever), it was this year. Still, the Bloc remains at 50 seats.
This means that in order to have a majority, a federal party doesn’t have to get 155 seats out of 308, but 155 out of 258. That’s not 50, but 60% of the seats available.
So either we choose to ignore the problem and let the Bloc for another 18 years in Ottawa, or we face reality and deal with the constitution once for all.
Charest wants to open it to include the “cultural soverainety” for Quebec and Harper’s statement about the nation. Make no mistake, THIS IS NOT MEECH.
In the french debate, Layton said that he was prepared to, at least, discuss it. If Harper does the same and succeeds, I can predict to you that it will be a major stepback for the Bloc, which means we could have more quebecers start voting again for the conservatives, the liberals, the NDP or even the green and make this country work again.
Now my question to my fellow canadians is this : Would this be acceptable to you?
12 Oct
Quoi de mieux pour Jack Layton qu’un passage à l’émission « Tout le monde en parle » pour bien conclure sa campagne au Québec. Troisième et dernier chef à se présenter à l’émission après Gilles Duceppe et Stéphane Dion (Stephen Harper a quant à lui décliné l’invitation à cinq reprises) M. Layton en a profité pour souligner quelques-unes des propositions de son parti. Le retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan, l’abolition des baisses d’impôt aux entreprises et son projet de bourse du carbone – servant à taxer les grands pollueurs plutôt que les familles comme le proposent les libéraux, selon lui – furent les principales propositions qu’il a développées.
Présente sur le plateau, la journaliste politique Emmanuelle Latraverse en a profité pour lui demander s’il était ouvert à former un gouvernement de coalition avec Stéphane Dion. Le chef du NPD a déclaré qu’il préférait attendre les résultats de l’élection. En réponse à la journaliste qui lui a alors fait remarquer qu’il lui faudrait multiplier les sièges pour remplacer le premier ministre actuel, M. Layton a alors ajouté « Tout le monde dit aux gens qu’on ne peut pas faire les choses. J’ai écouté ça pendant toute ma vie. C’est une attitude défaitiste et moi je n’accepte pas cette approche de la vie. » Il s’agit effectivement d’une mauvaise attitude dont les Canadiens devront se défaire s’ils veulent mettre fin bipartisme et ne plus être condamnés à choisir le moindre de deux maux.
Questionnée à son tour par Guy A. Lepage sur la course, Emmanuelle Latraverse a affirmé qu’elle croyait que les conservateurs ont perdu tout espoir de faire des gains au Québec et qu’ils pourraient également perdre plusieurs circonscriptions dans la province.
Un peu plus tôt dans la journée, le chef du Nouveau Parti démocratique a maintenu que son caucus québécois pourrait compter des membres de plus suite aux élections du 14 octobre. À Montréal entre autres, les candidats Daniel Breton, dans Jeanne-Le Ber, et Anne Lagacé-Dowson, dans Westmount-Ville-Marie, ont selon lui « de bonnes chances de remporter leur circonscription. » Accompagnant son chef au Marché Atwater, cette dernière a soutenu pour sa part qu’elle sentait que l’électorat penchait désormais en faveur des néo-démocrates. « Les gens savent que nous sommes le seul parti à tenir un véritable discours progressiste. »
Dans un rassemblement au Club Soda plus tard en soirée, le chef du NPD a dit qu’il privilégiait un fédéralisme flexible et asymétrique qui respecterait les champs de compétence du gouvernement québécois. Il s’en est pris par la suite aux chefs des autres partis de l’opposition en les accusant de s’opposer à M. Harper au Québec tout en le soutenant au Parlement. « Gilles Duceppe a voté pour deux budgets de Stephen Harper qui ont laissé les familles de côté en donnant des milliards aux banques et aux pétrolières On ne peut pas se présenter contre Stephen Harper au Québec et le soutenir à Ottawa. », a-t-il lancé à l’endroit du chef bloquiste. M. Layton a rappelé du même souffle que le Stéphane Dion avait lui aussi appuyé Stephen Harper pas moins de 43 fois (sic) au Parlement. « Si vous ne pouvez pas faire votre travail comme chef de l’opposition, vous ne pouvez certainement pas faire le travail d’un premier ministre. », a-t-il conclu.
11 Oct
Faisant campagne au Québec en fin de semaine, Stephen Harper a déclaré aux journalistes qu’il n’avait rien de nouveau à dire aux Québécois, mais qu’il allait plutôt insister sur l’importance du choix que ces derniers auront à faire mardi prochain. En moins de 100 mots, M. Harper résume de façon très concrète la situation au Québec, mais du même souffle, nous permet également de déceler ce qui cloche avec sa propre vision. Décortiquons :
« Il y a trois choix au Québec, mais cela revient comme ailleurs à deux choix véritables. Le Bloc va continuer à être un critique efficace, mais à la fin il ne pourra rien changer. »
Harper aura beau marteler ce clou aussi souvent qu’il le veut, les Québécois se souviennent que l’élection de 74 députés libéraux fédéraux au Québec en 1980 n’a pas empêché le rapatriement de la Constitution. Ils se souviennent également qu’aux dernières élections, ils ont dû être représentés par Michael Fortier, alors que ce celui-ci n’avait même pas été élu. Deux faits parmi tant d’autres qui justifient l’appui inconditionnel de nombreux Québécois au Bloc.
« Or, les Québécois, qui sont des gens pragmatiques, devront choisir entre mon parti qui leur offre un fédéralisme conforme à leurs aspirations et le fédéralisme centralisateur de Stéphane Dion. »
Voilà où le bât blesse. Le fédéralisme offert par les conservateurs n’est justement pas conforme aux aspirations des Québécois. Certes, il s’en approche – et il ne faut surtout pas minimiser ce pas dans la bonne direction –, mais cette prétention révèle à quel point Stephen Harper, malgré toute sa compétence et sa sincère volonté à comprendre le Québec, est victime d’avoir avoir de mauvaises antennes chez nous.
« Les Québécois ne veulent pas de la conception du fédéralisme de Stéphane Dion. »
C’est un fait que la vision extrêmement centralisatrice de Stéphane Dion va à l’encontre de la volonté de la grande majorité des Québécois. Hormis le 5% des fédéralistes dont le cœur bat à la vue du portrait de la reine sur le billet de 20$ et le 20% des souverainistes qui n’auraient pas été satisfaits par Meech, le Québec compte environ 75% de nationalistes qui souhaitent simplement que le Québec puisse avancer sans les entraves fédérales habituelles; soit via une souveraineté en partenariat avec le Canada ou soit un fédéralisme le plus asymétrique possible.
Le jour où un parti politique fédéral comprendra cela, il remportera facilement une majorité de sièges au Québec; ce qui ne s’est pas produit depuis la fondation du Bloc québécois.
Reste que Stephen Harper a raison sur le point le plus important : les Québécois sont des gens pragmatiques et ne demandent qu’à faire un choix. Encore faut-il qu’on leur fasse une offre à la hauteur de leurs aspirations.
10 Oct
Fait étonnant, c’est un Gilles Duceppe visiblement agacé des attaques que subit Stéphane Dion à propos de la qualité de son anglais, qui s’est porté à la défense de ce dernier. Qualifiant la sortie de Stephen Haper à l’endroit du chef du Parti libéral de « coup bas », M. Duceppe est d’avis que les commentaires du genre n’ont pas leur place en campagne électorale. Selon le chef du Bloc québécois, plusieurs leaders politiques éprouvent des difficultés à s’exprimer dans les deux langues officielles.
Bonjour my friend, how are you mon ami ?
Il faut avouer que le bilinguisme des chefs des cinq principaux partis politiques varie énormément d’un à l’autre. Et si le français de Jack Layton est de loin supérieur à celui d’Elizabeth May, il est permis de s’étonner des propos de Stephen Harper dont le français est relativement du même calibre que l’anglais de Stéphane Dion.
Toujours selon Gilles Duceppe, « M. Dion fait des efforts pour parler en anglais et je pense qu’il a progressé. On demande beaucoup plus aux francophones de bien parler anglais qu’aux anglophones de bien parler français. Il y a deux poids, deux mesures. »
À ce propos, il est indéniable que le bilinguisme canadien n’existe que sur papier. En effet, selon Statistique Canada (chiffres de 2007), seulement 17% des Canadiens sont bilingues. Or, cette donnée masque le véritable écart qui existe entre le Québec et le ROC. En effet, si l’on fait exception du Nouveau-Brunswick où il atteint 33,4% – principalement en raison de la population acadienne –, le taux de bilinguisme est beaucoup moins reluisant dans le ROC, où il varie de 4 à 12%, qu’au Québec où il atteint 40,6%.
Baignant dans une Amérique en grande majorité anglophone, il est généralement admis que les Québécois d’origine francophone ont tout à gagner à maîtriser l’anglais.
Cela dit, en ce qui a trait au « bilinguisme canadien », ces derniers n’ont pas de leçons à recevoir de CTV, de Stephen Harper, ni même de l’ensemble ROC.
10 Oct
La chroniqueuse politique Chantal Hébert affirmait hier sur son blogue que « Pour la première fois, l’hypothèse d’une victoire de Stéphane Dion la semaine prochaine n’est plus une idée complètement abstraite. (…) Le dénouement du scrutin est désormais largement entre les mains de l’électorat ontarien, peut-être le groupe d’électeurs le plus volatile et le moins prévisible au Canada. Tous les sondages indiquent que l’état de l’opinion dans cette province est encore très fluide. »
C’est un fait que certains sondages effectués en Ontario ces derniers jours indiquent que les libéraux ont repris le dessus (32% selon Harris/Decima et 39% selon Nanos) sur les conservateurs (28% selon les deux firmes). Résultat : les conservateurs n’auraient désormais plus au pays qu’une avance de quatre ou cinq pour cent sur les libéraux. Qu’il s’agisse d’un vote prolibéral ou anticonservateur, un fait demeure : Stéphane Dion, celui-là même dont on annonçait la fin de la carrière politique il y a deux semaines à peine, a désormais des chances – si minimes soient-elles – de devenir le premier ministre du Canada.
Be careful what you ask for, you might just get it
Mais qui dit premier ministre du Canada, dit aussi premier ministre de tous les citoyens, les Québécois y compris. Or, pour ces derniers, le père de la loi sur la clarté référendaire (C-20) – celle-là même qui a été rejetée du revers de la main par les trois principaux partis au Québec – représente une menace réelle pour la paix constitutionnelle. Mise de côté depuis la dernière élection au Québec, la souveraineté n’a en effet besoin que d’une simple étincelle pour enflammer à nouveau l’électorat québécois. On peut compter sur le PQ et le Bloc québécois à ce sujet pour faire leurs choux gras des positions constitutionnelles de Stéphane Dion s’il devait un jour être élu premier ministre.
Des positions qui pourraient aussi entrer en conflit avec les demandes à saveur nationalistes récemment formulées par Jean Charest. Si Gilles Duceppe appuie ces dernières avec vigueur, pour Stéphane Dion, elles donnent lieu à une fin de non-recevoir.
Stephen Harper reconnaît de son côté qu’il ne peut satisfaire toutes les demandes du Québec, mais il continue à marteler que sa vision du fédéralisme asymétrique demeure la meilleure approche pour le Québec.
Jack Layton a quant à lui affirmé durant le débat des chefs qu’il était ouvert à discuter de ces questions, notamment de la souveraineté culturelle du Québec, avec le gouvernement Charest et à cet égard, il demeure de loin le chef le plus ouvert des trois partis fédéralistes.
De Layton, Harper et Dion, ce dernier est au final le seul des trois qui risque de jeter de l’huile sur le feu souverainiste. Le seul qui a le pouvoir de garantir la présence du Bloc à Ottawa pour les années à venir. Et possiblement le seul qui soit en mesure de ramener l’échéance référendaire au calendrier des Québécois. Une évidence que le ROC semble avoir perdu de vue à force de prôner, « Anything but conservative ».
Comme quoi le mieux est souvent l’ennemi du bien.
5 Oct
Le plus récent sondage Harris/Decima (qui devrait se refléter lors de la prochaine mise à jour sur Democratic Space) indique que l’appui réservé aux partis traditionnels a fortement décliné depuis le début de la campagne. En effet :
- L’appui au Parti conservateur a chuté de six points, passant de 41% à 35%
- Celui au Parti libéral a également diminué de quatre points, passant de 26% à 22%
D’un océan à l’autre, cela représente donc une baisse globale de 10% de l’appui habituellement réservé aux partis traditionnels. De tout temps, une diminution du vote conservateur allait de pair avec une augmentation du vote libéral et inversement. Mais cette année, il semble en être tout autrement.
À l’heure actuelle, c’est le NPD et, dans une moindre mesure, le Parti vert qui récoltent les votes des électeurs insatisfaits par les partis traditionnels. Ainsi :
- L’appui au NPD a bondi de six points, passant de 14% à 20%
- Celui au Parti vert a également augmenté de quatre points, passant de 9% à 13%
Au Québec, l’appui au Bloc, qui a vacillé entre 30% et 40% durant la campagne, se situe présentement à 37%; une hausse de 2% en un mois.
Selon Bruce Anderson, président de Harris/Decima, « En ce moment, les conservateurs risquent clairement de perdre l’opportunité de remporter une majorité de sièges, surtout en raison d’une nette diminution de leur support en Ontario. » En effet, l’appui ontarien aux conservateurs est passé de 41% à 34%, tandis que celui aux libéraux a quant à lui stagné à 34%. Les deux partis en sont donc au nez à nez dans la province qui compte le nombre le plus élevé de sièges.
Or, si de l’aveu de Bruce Anderson l’élection d’un gouvernement majoritaire conservateur ne semble plus envisageable, il est cependant ardu de prédire qui formera l’opposition officielle. Avec un écart d’à peine 2% entre les libéraux et les néo-démocrates et une dizaine de jours avant l’élection, la seule certitude est que désormais, tout est possible…
2 Oct
Vous retrouverez ici les répliques les plus marquantes qui ont été échangées par les principaux chefs de partis lors du débat en français.
Note : Malgré un effort certes louable de sa part, Mme May n’est pas présente ici en raison de la qualité déplorable de son français. C’est regrettable pour le Parti Vert et ses sympathisants, mais il y a des limites à vouloir être équitable ou, pour employer une expression populaire, à vouloir « accommoder raisonnablement. »
La réplique la plus marquante de M. Dion
À M. Duceppe : « Quand est venu le moment de reconnaître la nation québécoise, le bureau de M. Harper m’a consulté et nous avons fait cela de manière à montrer que l’on peut aussi faire partie de la nation canadienne; ce qui est un problème pour M. Duceppe. »
À M. Harper (à propos des mesures environnementales qu’il propose) : « Je pense qu’on perd notre temps à discuter du faux plan de M. Harper. Il n’y a pas un seul expert qui a dit que c’était un plan sérieux. »
À M. Layton (qui dit vouloir rapatrier les troupes d’Afghanistan dès maintenant) : « On a pris un engagement. Nos alliés comptent sur nous (…) C’est une responsabilité qu’on a, comme quand on a pris nos responsabilités pour Kyoto, c’est la même chose. »
La réplique la plus marquante de M. Duceppe
À M. Dion : « Nous avons proposé des projets, par exemple que le français soit la langue de travail dans les banques, les ports, les aéroports, les télécommunications. Le NPD nous a appuyés, mais pas les libéraux qui pourtant reconnaissent que la loi 101 est une grande loi canadienne. »
À M. Harper : « Tout ce que vous avez trouvé à faire ce sont des politiques qui enrichissent les pétrolières. Semble-t-il qu’aux dernières nouvelles, elles n’ont pas de misère à terminer leurs fins de mois. »
À M. Layton (qui l’accuse de vouloir privatiser la santé) : « Moi je veux que ce soit un système de santé publique, mais c’est au Québec de décider en tout temps. Je pense que les Québécois sont capables de prendre eux-mêmes leurs décisions et ils n’ont pas besoin du reste du Canada pour venir leur dire quoi faire. »
La réplique la plus marquante de M. Harper
À M. Dion : « Vous proposez d’augmenter les taxes avec votre nouvelle taxe sur le carbone. C’est une politique qui va détruire l’économie. »
1 Oct
Il semble que quelqu’un se soit enfin réveillé hier parmi les stratèges de l’équipe conservatrice. En effet, en fin de journée hier, Owen Lippert, un ancien collaborateur de Stephen Harper, s’est désigné comme bouc émissaire dans l’affaire du « discours plagié ». Rappelons que le discours que M. Harper avait adressé au Parlement en mars 2003, dans le but de convaincre les députés d’envoyer des troupes canadiennes combattre en Irak, était calqué en grande partie sur celui qu’avait prononcé le premier ministre australien, John Howard, deux jours plus tôt. Ce n’est qu’après avoir tenté de minimiser l’impact de la nouvelle dans un premier temps que les conservateurs ont finalement fait parvenir un communiqué à la presse annonçant la démission de M. Lippert.
« On m’a demandé de rédiger un discours pour le chef de l’opposition de l’époque », a admis M. Lippert qui avoue du même souffle avoir fait un excès de zèle en copiant des extraits de discours du premier ministre australien.
Or, si ce matin, l’affaire semble avoir été balayée sous le tapis avec la plus grande efficacité, on ne peut s’empêcher de se demander où étaient les mêmes stratèges conservateurs lors de la dérape sur les coupures de 45 millions $ dans le domaine de la culture ou de celle sur l’alourdissement des peines contre les adolescents.
Julie Couillard, l’autobiographie
Chose certaine, c’est à espérer pour M. Harper que le responsable de la gestion du « discours plagié » soit le même à qui l’on va confier l’épineux problème que sera l’autobiographie de Julie Couillard. Ce livre, qui paraîtra le 6 octobre prochain, n’est rien de moins qu’une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des conservateurs, si l’on en croit les extraits qui circulent déjà sur le Net.
Dans son livre, l’ex-compagne de Maxime Bernier décrit notamment celui-ci comme un grand benêt narcissique et coureur de jupons qui, en privé, affiche un certain mépris pour Stephen Harper ainsi que ses électeurs beaucerons. Julie Couillard affirme également que le ministre fédéral, soutenait que l’indépendance du Québec était une chose inévitable et que, par conséquent, il s’y préparait. « La souveraineté, ça ne me fait pas peur du tout, c’est vers ça qu’on s’en va c’est évident. Et moi je n’ai pas de problèmes avec ça. Je suis prêt. J’attends ça», aurait-il déclaré en avril dernier devant des clients estomaqués d’un café de Montréal.
Quelle que soit l’esquive sur laquelle travaillent les stratèges conservateurs, la situation aurait pu être davantage maîtrisée si Stephen Harper avait mis Maxime Bernier à la porte le printemps dernier. Difficile de comprendre en quoi Bernier est indispensable dans une circonscription (Beauce) qui a voté conservateur à 67% en 2006 et qui recueille encore en ce moment de 56 à 58% des voix selon les dernières projections de DemocraticSpace. S’il semble à peu près certain que l’homme va garder sa circonscription, il pourrait en même temps devenir le talon d’Achille de sa formation.
On aura peut-être des réponses lors de la sortie du livre de Julie Couillard… ou lors du passage tant attendu de celle-ci à l’émission « Tout le monde en parle » ce dimanche.
26 Sep
Quelqu’un va-t-il oser le dire? Et si les troupes de Jack Layton formaient la prochaine opposition officielle? Ce rêve que caressent les néo-démocrates depuis tant d’années semble désormais à portée de la main. C’est du moins le cas si on en croit les tout derniers sondages.
Le Harris/Decima, tenu du 21 au 24 septembre, révèle en effet que les conservateurs recueillent 36% des intentions de vote, suivis des libéraux à 23%, des néo-démocrates à 17%, des verts à 12%, puis des bloquistes à 9%. C’est ainsi que depuis le début de la campagne, l’écart entre le NPD et les libéraux a fondu de moitié, passant de 12 à seulement 6 points.
Même son de cloche chez Ekos qui dévoile quant à lui un écart encore plus mince, soit 5 points; le Parti libéral étant à 24% et le NPD à 19% (sondage effectué du 21 au 23 septembre).
Finalement, le Nanos quotidien était hier le premier à donner le NPD troisième au Québec : derrière le PC et le Bloc, mais devant les libéraux.
Sans proportionnelles, c’est à partir de 20% des voix que le nombre de sièges commence réellement à refléter le nombre de votes. Or, s’il est peut-être illusoire pour Jack Layton de penser atteindre la barre des 25%, il ne semble cependant pas y avoir de plancher pour les libéraux. C’est d’ailleurs pourquoi le NPD continue de tirer sur le parti de Stéphane Dion à boulets rouges. Leur plus récent effort à cet effet est la mise en ligne de pas moins de 87 vidéos sur YouTube dépeignant les libéraux comme un parti absent. On y voit en effet les chaises vides des députés libéraux lors de 43 votes de confiance. Des absences qui ne sont pas sans contredire l’argument voulant qu’ils soient les seuls à s’opposer de façon efficace au Parti conservateur.
Comme si ce n’était pas assez, l’ancien président du Parti libéral, qui était en fonction de 1998 à 2003, Stephen LeDrew, a publiquement souhaité que sa formation politique subisse une cuisante défaite aux élections du 14 octobre. « C’est la seule façon de s’assurer que le parti sera reconstruit sur des assises solides », estime-t-il. Dans une lettre ouverte publiée dans le National Post, M. LeDrew déclare en effet que les libéraux de Stéphane Dion ne vont nulle part. Il met entre autres le blâme sur l’impopularité du chef, l’ensemble du programme électoral, mais plus spécifiquement sur la formule de la taxe sur le carbone qu’il décrit comme « incompréhensible ou carrément stupide ». LeDrew conclut en affirmant « À moins d’un miracle, les libéraux vont subir toute une raclée durant cette élection. Et c’est exactement ce dont ils ont besoin s’ils veulent que le parti demeure une force nationale viable ».
Il va sans dire que pour le NPD, cet appui inespéré ne pouvait pas mieux tomber. Continuant à faire flèche de tout bois, le chef néo-démocrate semble bien décidé à convaincre les Québécois d’entrer à leur tour dans la danse. Jack Layton est d’ailleurs le seul chef de parti à ne pas fermer la porte à la création d’un CRTC québécois; une revendication du gouvernement Charest.
Si la tendance se maintient, Thomas Mulcair ne sera peut-être pas le seul néo-démocrate à se faire élire au Québec.
21 Sep
Lors d’un point de presse hier dans le Nunavut, Stephen Harper a nié que les conservateurs allaient renvoyer l’ascenseur aux députés adéquistes lors de la prochaine campagne électorale provinciale. Bien que plusieurs de ces derniers aient participé à des rassemblements partisans de candidats conservateurs, Harper a tenu à prendre ses distances face au parti de Mario Dumont. « Évidemment, je cherche l’appui de beaucoup de Québécois, surtout ceux qui votent pour les libéraux et les adéquistes au niveau provincial », a-t-il indiqué, ajoutant que selon lui, il récoltait d’un grand appui de ces deux camps.
Two’s company; three’s a crowd
C’est un secret de polichinelle que les relations entre les conservateurs et les libéraux provinciaux se sont particulièrement envenimées récemment. Pas plus tard qu’hier, Josée Verner invitait la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Christine Saint-Pierre, à « garder son calme » en ce qui a trait au dossier culturel. Plus tôt cette semaine, le ton avait également monté entre Jean Charest et Stephen Harper, notamment à propos du déséquilibre fiscal. À ce sujet, le Premier ministre du Québec aurait soutenu « qu’il n’y a pas de mot d’ordre d’attaquer qui que ce soit et il ne peut y avoir de mot d’ordre de ne pas le faire. Le mot d’ordre c’est la défense des intérêts du Québec. Je ne me gênerai pas pour dire ce que j’ai à dire ».
Ce qui se cache derrière cette nouvelle ligne dure du PLQ c’est l’agacement qu’éprouve Jean Charest envers l’attitude de Mario Dumont qu’il accuse de se rapprocher des conservateurs aux dépens des intérêts du Québec. Un rapprochement réciproque quand on sait que certains membres du Parti conservateur, Steven Blaney, Jacques Gourde et Josée Verner entre autres, n’hésitent pas à afficher leurs couleurs adéquistes.
On comprend donc Stephen Harper d’avoir voulu calmer le jeu hier afin d’éviter un dérapage qui risquerait de donner des munitions au Bloc québécois. Or si d’un côté, le Bloc jouit du soutien indéfectible du Parti Québécois, de l’autre, Jean Charest veut autant être associé à Stéphane Dion que Robert Bourassa voulait l’être à John Turner, c’est-à -dire aucunement.
Au final, malgré les pommes de discorde qui sont apparues avec son ancien parti, Charest est condamné à lui accorder son soutien. Il en va de même pour Mario Dumont dont l’autonomisme est à l’opposé de l’attitude centralisatrice du parti de Stéphane Dion.
Ce ménage à trois entre adéquistes, conservateurs et libéraux ne saurait cependant pas durer très longtemps. Tôt ou tard, Stephen Harper – surtout s’il est majoritaire – se décidera à appuyer plus ouvertement l’ADQ, un parti qui s’avère être beaucoup plus près du sien idéologiquement parlant.
À ce moment, c’est Charest qui, malgré son passé comme conservateur, risque de se retrouver Gros-Jean comme devant.
19 Sep
À Montréal, en couverture du ICI, on peut apercevoir François Lafontaine de Karkwa, Matthieu Beaumont et Catherine Leduc de Tricot Machine ainsi que Ariane Moffat et Yves Lambert. Ces derniers font partie des artistes qui s’opposent aux coupures dans la culture.
Pendant ce temps, à Québec, dans une entrevue accordée au Journal Le Soleil, Josée Verner, affirme que les compressions budgétaires dans le domaine de la culture n’intéressent pas les citoyens. « Ça fait plusieurs activités que je fais et les gens ne m’en parlent pas. Les gens disent : continuez votre bon travail! J’ai eu zéro téléphone. »
Drôle de contraste.
Drôle d’argument aussi de la part de la ministre du Patrimoine du Canada. Le gouvernement du Canada gère-t-il ses priorités selon le nombre d’appels logés aux bureaux de circonscription?
Les Québécois doivent-ils sauver les artistes de la même manière qu’ils le font pour les concurrents de Star Académie? En composant le numéro au bas de leur écran?
Si la mission canadienne dans la province de Kandahar se poursuit malgré que 56% des Canadiens s’y opposent, c’est probablement alors parce que le téléphone de Peter Gordon MacKay ne sonne pas.
Did you say fuck?!
De leur côté, Benoît Brière, Michel Rivard et Stéphane Rousseau répliquent par une vidéo intitulée « Culture en péril » qui se veut une satire des relations entre les artistes et les représentants chargés d’attribuer les subventions fédérales liées à la culture. Rivard y chante un extrait de sa chanson la complainte du phoque en Alaska et les fonctionnaires de répliquer aussitôt : « Did you say fuck?! ». http://ca.youtube.com/watch?v=UrATQeLLKX0
Mais au fond, c’est peut-être Verner qui a raison. Zéro téléphone, zéro intérêt.
Ou peut-être est-ce simplement parce que son numéro de téléphone est moins publicisé que celui de Star Académie?
Voici ses coordonnées… juste au cas :
Josée Verner
Téléphone : 418-842-3004
Courriel : info@verner08.ca
16 Sep
Ce dimanche, Stephen Harper déclarait que le gouvernement fédéral avait la responsabilité de promouvoir les deux cultures nationales. Il répondait par le fait même à deux demandes venues du Québec. L’une de Jean Charest affirmant deux jours plus tôt qu’Ottawa devait laisser au Québec les pleins pouvoirs en matière de culture. L’autre de Mario Dumont qui, la semaine dernière, demandait aux chefs des partis fédéraux d’ouvrir la Constitution afin d’y enchâsser la reconnaissance du Québec comme nation et d’ainsi y encadrer le pouvoir fédéral de dépenser.
Actions speak louder than words
Deux ans après que cette reconnaissance eut été formulée, il serait en effet temps qu’elle s’accompagne de gestes concrets de la part des conservateurs, à défaut de quoi ces derniers pourraient en faire les frais durant la campagne. À ce sujet, Jean Charest affirme d’ailleurs qu’il espère que les débats des chefs, qui auront lieu le 1er et le 2 octobre prochain, seront l’occasion de pousser plus loin cette revendication du Québec.
Il serait logique pour le Bloc Québécois de marquer des points sur ces enjeux qui lui sont naturels. Pourtant, à l’heure où la bataille s’annonce des plus serrées au Québec, il n’en faudrait pas beaucoup au Parti conservateur – ou même au NPD qui s’affiche comme étant un parti beaucoup moins centralisateur qu’il ne l’était dans le passé – pour espérer tirer le tapis sous les pieds des bloquistes.
Nul doute que les coupures conservatrices de 45 millions $ dans les programmes culturels seront également à l’ordre des débats. Coupures qui, rappelons-le, ont été dénoncées par une pléiade d’acteurs, de réalisateurs, de producteurs et de gens d’affaires lors du Gala des prix Gémeaux dimanche soir.
Chose certaine, il n’y a rien de plus pressant culturellement parlant que de mettre fin à ce mur à mur culturel qui est plus souvent qu’autrement une source d’irritants pour le Québec. Quand on sait par exemple que des séries canadiennes anglaises comme Regenesis ou Degrassi sont traduites en France, et ce, avec l’argent même du Fond Canadien de la Télévision ou de Téléfilm Canada – deux organismes financés en partie par le Québec –, il y a en effet de quoi se poser de sérieuses questions… surtout quand ces séries sont diffusées au Québec par la suite.
Afin de promouvoir les « deux cultures nationales » telles que le formule Stephen Harper, il convient de permettre à chacune de s’épanouir à sa propre façon et d’ainsi sortir de ce carcan indésirable. Pour ce faire, rien de plus simple que de suivre les voies proposées par Jean Charest et Mario Dumont.
Le ballon est là . Reste à savoir qui, de Gilles Duceppe, Stephen Harper ou Jack Layton, saura le prendre afin de marquer des points durant le débat des chefs…
13 Sep
Si, tel que l’avait prédit Lucien Bouchard, le Bloc est devenu en quelque sorte la police d’assurance des Québécois, est-ce que l’élection d’un gouvernement minoritaire est désormais celle du ROC? À l’heure où le tiers des Canadiens se dit prêt à voter de façon à empêcher un parti d’être élu, la question mérite d’être posée.
What does Canada want?
Selon un sondage Ipsos Reid réalisé à la veille du déclenchement des élections, 37% des Canadiens étaient en faveur d’un gouvernement minoritaire, mais plus de 64% disaient s’attendre à ce résultat. En Ontario, là où plusieurs votes du NPD se sont envolés en direction du Parti libéral à la fin de la dernière campagne – au moment précis où les conservateurs semblaient destinés à former un gouvernement majoritaire –, ce chiffre s’élève à 68%. Il atteint même 70% dans les provinces de l’Atlantique.
Dans le même ordre d’idées, on apprenait récemment qu’Élections Canada enquêtait sur le mouvement « Anti-Harper Vote Swap Canada », un groupe créé sur Facebook par l’Ontarien Mat Savelli, ayant comme objectif d’éviter que le Parti conservateur mette la main sur une majorité de sièges (concrètement, les internautes sont appelés à échanger un vote dans une circonscription perdue d’avance en faveur d’un vote dans une autre où leur parti a davantage de chances de l’emporter). Bien qu’il s’agisse là d’un groupe marginal, il est néanmoins symptomatique d’un phénomène de plus en plus populaire : le vote stratégique.
Pris en otage entre le Parti libéral encore marqué par le scandale des commandites et le Parti conservateur qui à ses yeux n’a peut-être pas suffisamment fait ses preuves, il semble que le ROC voit l’élection d’un gouvernement minoritaire comme un moindre mal. Un gouvernement sans vision à long terme certes, mais dont il peut se débarrasser en un claquement de doigt.
Pendant ce temps au Québec, si 55% des Québécois croient que Stephen Harper mérite d’être reporté au pouvoir (sondage Léger Marketing-Le Devoir-Globe and Mail du 2 septembre dernier), ils sont divisés quant à l’étendu du pouvoir à lui confier. En effet, 28% des Québécois lui accorderaient un mandat majoritaire contre 27% qui pencheraient pour un mandat minoritaire. Chose certaine, 58% des Québécois considèrent toujours que le Bloc est toujours utile à Ottawa, et ce, peu importe leur allégeance.
En définitive, bien que les derniers sondages soient plutôt encourageants pour les conservateurs, le seul fait que le tiers des Canadiens soit prêt à empêcher l’élection d’un parti laisse planer le doute quant à la volonté réelle du ROC de se doter d’un gouvernement majoritaire. Même son de cloche au Québec où, à moins d’un revirement spectaculaire, le Bloc sera cette fois encore le parti remportant le plus grand nombre de sièges.
Deux nations, deux polices d’assurance différentes, mais semble-t-il, une même volonté à garder le gouvernement fédéral à l’œil.

Conservative Party
Liberal Party
New Democratic Party
Bloc Québécois
Green Party
Christian Heritage
Progressive Canadian
Marijuana Party
Marxist-Leninist Party
Canadian Action Party
Communist Party
Libertarian Party
First Peoples Party
Western Block Party
Animal Alliance Party
neorhino.ca