Quoi de mieux pour Jack Layton qu’un passage à l’émission « Tout le monde en parle » pour bien conclure sa campagne au Québec. Troisième et dernier chef à se présenter à l’émission après Gilles Duceppe et Stéphane Dion (Stephen Harper a quant à lui décliné l’invitation à cinq reprises) M. Layton en a profité pour souligner quelques-unes des propositions de son parti. Le retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan, l’abolition des baisses d’impôt aux entreprises et son projet de bourse du carbone – servant à taxer les grands pollueurs plutôt que les familles comme le proposent les libéraux, selon lui – furent les principales propositions qu’il a développées.

Présente sur le plateau, la journaliste politique Emmanuelle Latraverse en a profité pour lui demander s’il était ouvert à former un gouvernement de coalition avec Stéphane Dion. Le chef du NPD a déclaré qu’il préférait attendre les résultats de l’élection. En réponse à la journaliste qui lui a alors fait remarquer qu’il lui faudrait multiplier les sièges pour remplacer le premier ministre actuel, M. Layton a alors ajouté « Tout le monde dit aux gens qu’on ne peut pas faire les choses. J’ai écouté ça pendant toute ma vie. C’est une attitude défaitiste et moi je n’accepte pas cette approche de la vie. » Il s’agit effectivement d’une mauvaise attitude dont les Canadiens devront se défaire s’ils veulent mettre fin bipartisme et ne plus être condamnés à choisir le moindre de deux maux.

Questionnée à son tour par Guy A. Lepage sur la course, Emmanuelle Latraverse a affirmé qu’elle croyait que les conservateurs ont perdu tout espoir de faire des gains au Québec et qu’ils pourraient également perdre plusieurs circonscriptions dans la province.

Un peu plus tôt dans la journée, le chef du Nouveau Parti démocratique a maintenu que son caucus québécois pourrait compter des membres de plus suite aux élections du 14 octobre. À Montréal entre autres, les candidats Daniel Breton, dans Jeanne-Le Ber, et Anne Lagacé-Dowson, dans Westmount-Ville-Marie, ont selon lui « de bonnes chances de remporter leur circonscription. »  Accompagnant son chef au Marché Atwater, cette dernière a soutenu pour sa part qu’elle sentait que l’électorat penchait désormais en faveur des néo-démocrates. « Les gens savent que nous sommes le seul parti à tenir un véritable discours progressiste. »

Dans un rassemblement au Club Soda plus tard en soirée, le chef du NPD a dit qu’il privilégiait un fédéralisme flexible et asymétrique qui respecterait les champs de compétence du gouvernement québécois. Il s’en est pris par la suite aux chefs des autres partis de l’opposition en les accusant de s’opposer à M. Harper au Québec tout en le soutenant au Parlement. « Gilles Duceppe a voté pour deux budgets de Stephen Harper qui ont laissé les familles de côté en donnant des milliards aux banques et aux pétrolières On ne peut pas se présenter contre Stephen Harper au Québec et le soutenir à Ottawa. », a-t-il lancé à l’endroit du chef bloquiste. M. Layton a rappelé du même souffle que le Stéphane Dion avait lui aussi appuyé Stephen Harper pas moins de 43 fois (sic) au Parlement. « Si vous ne pouvez pas faire votre travail comme chef de l’opposition, vous ne pouvez certainement pas faire le travail d’un premier ministre. », a-t-il conclu.