Il semble que quelqu’un se soit enfin réveillé hier parmi les stratèges de l’équipe conservatrice. En effet, en fin de journée hier, Owen Lippert, un ancien collaborateur de Stephen Harper, s’est désigné comme bouc émissaire dans l’affaire du « discours plagié ». Rappelons que le discours que M. Harper avait adressé au Parlement en mars 2003, dans le but de convaincre les députés d’envoyer des troupes canadiennes combattre en Irak, était calqué en grande partie sur celui qu’avait prononcé le premier ministre australien, John Howard, deux jours plus tôt. Ce n’est qu’après avoir tenté de minimiser l’impact de la nouvelle dans un premier temps que les conservateurs ont finalement fait parvenir un communiqué à la presse annonçant la démission de M. Lippert.

« On m’a demandé de rédiger un discours pour le chef de l’opposition de l’époque », a admis M. Lippert qui avoue du même souffle avoir fait un excès de zèle en copiant des extraits de discours du premier ministre australien.

Or, si ce matin, l’affaire semble avoir été balayée sous le tapis avec la plus grande efficacité, on ne peut s’empêcher de se demander où étaient les mêmes stratèges conservateurs lors de la dérape sur les coupures de 45 millions $ dans le domaine de la culture ou de celle sur l’alourdissement des peines contre les adolescents.

Julie Couillard, l’autobiographie

Chose certaine, c’est à espérer pour M. Harper que le responsable de la gestion du « discours plagié » soit le même à qui l’on va confier l’épineux problème que sera l’autobiographie de Julie Couillard. Ce livre, qui paraîtra le 6 octobre prochain, n’est rien de moins qu’une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des conservateurs, si l’on en croit les extraits qui circulent déjà sur le Net.

Dans son livre, l’ex-compagne de Maxime Bernier décrit notamment celui-ci comme un grand benêt narcissique et coureur de jupons qui, en privé, affiche un certain mépris pour Stephen Harper ainsi que ses électeurs beaucerons. Julie Couillard affirme également que le ministre fédéral, soutenait que l’indépendance du Québec était une chose inévitable et que, par conséquent, il s’y préparait. « La souveraineté, ça ne me fait pas peur du tout, c’est vers ça qu’on s’en va c’est évident. Et moi je n’ai pas de problèmes avec ça. Je suis prêt. J’attends ça», aurait-il déclaré en avril dernier devant des clients estomaqués d’un café de Montréal.

Quelle que soit l’esquive sur laquelle travaillent les stratèges conservateurs, la situation aurait pu être davantage maîtrisée si Stephen Harper avait mis Maxime Bernier à la porte le printemps dernier. Difficile de comprendre en quoi Bernier est indispensable dans une circonscription (Beauce) qui a voté conservateur à 67% en 2006 et qui recueille encore en ce moment de 56 à 58% des voix selon les dernières projections de DemocraticSpace. S’il semble à peu près certain que l’homme va garder sa circonscription, il pourrait en même temps devenir le talon d’Achille de sa formation.

On aura peut-être des réponses lors de la sortie du livre de Julie Couillard… ou lors du passage tant attendu de celle-ci à l’émission « Tout le monde en parle » ce dimanche.