Tout candidat libéral part avec une longueur d’avance dans la circonscription de Hull-Aylmer. Toutefois, j’en entends déjà qui diront “oui, mais vous savez, Alain Charette, du Bloc Québécois, était à seulement 3% du libéral Marcel Proulx en 2006″. Mais à cela je répondrai qu’en 2006, Jacques Léonard, candidat du Bloc dans Outremont, terminait deuxième dans sa circonscription à 6% de Jean Lapierre, ce qui n’a pas empêché le Bloc de perdre beaucoup de terrain lors de l’élection partielle de septembre 2007, principalement au profit du NPD.

Dans les faits, si on observe les chiffres attentivement, on se rend compte que les appuis du Bloc Québécois dans Hull-Aylmer ont plafonné par rapport à l’élection de 2004. Je ne vois pas aux dépens de quel parti le Bloc pourrait faire des gains. Les libéraux? À 30%, j’ai l’impression qu’ils ont atteint leur “plancher”. Les conservateurs? À moins d’un renversement de situation dans l’opinion publique, rien n’est moins certain. Les néo-démocrates? À mon avis, ce serait plutôt le contraire qui pourrait arriver.

Il n’en demeure pas moins que Raphaël Déry, du Bloc Québécois, est sans doute le rival le plus sérieux de Marcel Proulx. Hull-Aylmer ressemble davantage au West Island qu’aux régions francophones du Québec, au sens où les conservateurs ne peuvent espérer l’emporter. Leur meilleur résultat remonte à 1984, lorsqu’une vague bleue s’était abattue sur le Québec, et même à cette époque, le candidat libéral l’avait emporté avec 1500 voix d’avance. Quant au NPD, Pierre Ducasse permettra sans doute au parti d’y faire bonne figure, mais le précédent candidat vedette, Pierre Laliberté, n’avait obtenu que 15,5% des voix en 2006.

Tout ça me fait penser à certaines circonscriptions montréalaises libérales qui bordent les comtés bloquistes: théoriquement prenables, mais en pratique, c’est une autre paire de manches. Dans un prochain texte, je parlerai davantage des candidats et des enjeux locaux.