À mon avis, avant même de parler des candidats ou de l’humeur de l’électorat, la première chose à faire lorsqu’on souhaite se lancer dans le jeu des prédictions consiste à dresser un portrait de l’électeur type dans une région donnée. Pour commencer notre analyse de la situation dans Hull-Aylmer, attardons-nous donc un instant au profil socio-économique des électeurs de la circonscription (quelques indicateurs du recensement de 2006).

Les chiffres entre parenthèses illustrent la moyenne québécoise.

Âge médian: 37,9 (41,0)
Revenu familial médian en 2005: 71 570 (58 678)
Pourcentage de la population parlant l’anglais à la maison: 19,6% (10,4%)
Pourcentage de la population parlant le français à la maison: 72,4% (81,8%)
Proportion de la population immigrante 12,4% (11,4%)

D’aucuns diront qu’il n’était pas nécessaire de consulter les données du recensement pour savoir que la circonscription de Hull-Aylmer – un comté essentiellement urbain – est plus jeune, plus riche et plus anglophone que la moyenne québécoise. Néanmoins, les chiffres présentés ici nous montrent l’ampleur de cette différence. On déduira certainement que le revenu médian dépend en bonne partie d’un gros employeur d’ici – le gouvernement fédéral – et que la promixité de l’Ontario fait en sorte qu’il y a davantage d’anglophones.

Que devons-nous en retenir?
- Quel parti performe le mieux dans les circonscriptions où habitent une bonne proportion d’anglophones? Le PLC, bien entendu.
- Quel parti connaît de la difficulté auprès de l’électorat anglophone? le Bloc Québécois, évidemment.

Dans une circonscription où on retrouve 20% d’anglophones et beaucoup de gens qui travaillent directement ou indirectement pour le gouvernement fédéral, il n’est pas étonnant que Hull-Aylmer soit un château-fort du PLC. La tâche sera ardue pour les autres partis, mais nous verrons dans mon prochain billet si le défi s’avère impossible à relever.