Quelqu’un va-t-il oser le dire? Et si les troupes de Jack Layton formaient la prochaine opposition officielle? Ce rêve que caressent les néo-démocrates depuis tant d’années semble désormais à portée de la main. C’est du moins le cas si on en croit les tout derniers sondages.

Le Harris/Decima, tenu du 21 au 24 septembre, révèle en effet que les conservateurs recueillent 36% des intentions de vote, suivis des libéraux à 23%, des néo-démocrates à 17%, des verts à 12%, puis des bloquistes à 9%. C’est ainsi que depuis le début de la campagne, l’écart entre le NPD et les libéraux a fondu de moitié, passant de 12 à seulement 6 points.

Même son de cloche chez Ekos qui dévoile quant à lui un écart encore plus mince, soit 5 points; le Parti libéral étant à 24% et le NPD à 19% (sondage effectué du 21 au 23 septembre).

Finalement, le Nanos quotidien était hier le premier à donner le NPD troisième au Québec : derrière le PC et le Bloc, mais devant les libéraux.

Sans proportionnelles, c’est à partir de 20% des voix que le nombre de sièges commence réellement à refléter le nombre de votes. Or, s’il est peut-être illusoire pour Jack Layton de penser atteindre la barre des 25%, il ne semble cependant pas y avoir de plancher pour les libéraux. C’est d’ailleurs pourquoi le NPD continue de tirer sur le parti de Stéphane Dion à boulets rouges. Leur plus récent effort à cet effet est la mise en ligne de pas moins de 87 vidéos sur YouTube dépeignant les libéraux comme un parti absent. On y voit en effet les chaises vides des députés libéraux lors de 43 votes de confiance. Des absences qui ne sont pas sans contredire l’argument voulant qu’ils soient les seuls à s’opposer de façon efficace au Parti conservateur.

Comme si ce n’était pas assez, l’ancien président du Parti libéral, qui était en fonction de 1998 à 2003, Stephen LeDrew, a publiquement souhaité que sa formation politique subisse une cuisante défaite aux élections du 14 octobre. « C’est la seule façon de s’assurer que le parti sera reconstruit sur des assises solides », estime-t-il. Dans une lettre ouverte publiée dans le National Post, M. LeDrew déclare en effet que les libéraux de Stéphane Dion ne vont nulle part. Il met entre autres le blâme sur l’impopularité du chef, l’ensemble du programme électoral, mais plus spécifiquement sur la formule de la taxe sur le carbone qu’il décrit comme « incompréhensible ou carrément stupide ». LeDrew conclut en affirmant « À moins d’un miracle, les libéraux vont subir toute une raclée durant cette élection. Et c’est exactement ce dont ils ont besoin s’ils veulent que le parti demeure une force nationale viable ».

Il va sans dire que pour le NPD, cet appui inespéré ne pouvait pas mieux tomber. Continuant à faire flèche de tout bois, le chef néo-démocrate semble bien décidé à convaincre les Québécois d’entrer à leur tour dans la danse. Jack Layton est d’ailleurs le seul chef de parti à ne pas fermer la porte à la création d’un CRTC québécois; une revendication du gouvernement Charest.

Si la tendance se maintient, Thomas Mulcair ne sera peut-être pas le seul néo-démocrate à se faire élire au Québec.